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Gaming

une bête de course qui se paie au prix fort

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Au menu : du hardware de haute volée, un écran terriblement rapide, une finition impeccable… et un prix absolument dément.

L’Alienware x17 R2 fait partie des références les plus identifiables du segment portable gaming, avec son look reconnaissable entre mille et son hardware détonnant destiné aux compétiteurs forcenés. Cette édition 2022 s’inscrit évidemment dans la même lignée, et nous vous proposons donc un petit d’horizon de cette machine diablement puissante.

À l’ouverture du colis, aucun doute n’est permis : les volumes et la signalétique ne mentent pas, nous sommes bien chez Alienware. L’engin reprend tous les codes visuels de la marque, à commencer par les courbes voluptueuses et les couleurs claires traditionnellement associées à la gamme Aurora. Mention spéciale au liseré RGB à l’arrière qui prend des airs de propulseurs de vaisseau spatial lorsqu’il s’illumine.

À l’ouverture, il révèle un poste de contrôle qui ne détonnait pas dans une oeuvre de science-fiction, là encore avec une tête d’alien qui nous fixe d’un regard inquisiteur. Comme d’habitude, nous avons donc affaire à un parti-pris assumé de la part du constructeur. Mais au moins, Alienware l’a fait avec une certaine retenue – à défaut de pouvoir parler de sobriété. C’est une belle machine qui revendique clairement son identité gaming, mais avec suffisamment de bon goût pour éviter de verser dans l’exubérance maladroite.

En revanche, ce x17 R2 est aussi volumineux et plutôt lourd. Avec environ 3kg sur la balance (à quelques centaines de grammes près en fonction de la configuration), on parlera plus volontiers d’appareil transportable que portable.

Ecran : une dalle tout simplement fulgurante

Notre modèle était équipé d’une dalle de 17” en 1920 x 1080. Un chiffre qui fera certainement réagir certains observateurs. Du FHD sur un modèle 17 pouces à ce prix (voir plus bas). Cela semble au moins un cran en dessous ce qu’on peut attendre d’un appareil de ce calibre.

Peut-être qu’il s’agit d’une superbe dalle OLED ? Raté, ce modèle est équipé d’un écran IPS. Le contraste est très correct, sans plus. La luminosité est bonne, et culmine à 500 nits. Même constat du côté de la couverture colorimétrique. Il revendique 99% du gamut DCI-P3, même si les tests poussés de certains labos le placent plutôt aux alentours des 75% – nettement en dessous du top niveau colorimétrique. Attention aussi au revêtement antireflets plutôt décevant. Du bon matériel, mais à nouveau rien d’exceptionnel.

Il faut donc espérer qu’un autre élément de la fiche technique vienne compenser cette résolution très moyenne. Et fort heureusement, la réponse arrive dès qu’on s’intéresse au taux de rafraîchissement. On pardonne alors instantanément le sacrifice consenti au niveau de la résolution; on retrouve une dalle capable de débiter… 360 images par seconde !

Un chiffre fulgurant, et qui témoigne là encore du parti-pris mentionné plus haut. Visuellement, ce modèle n’est donc pas à la pointe de la beauté, mais elle fera des merveilles pour les performances des joueurs compétitifs. Pour monter en gamme au niveau de la fidélité graphique, il faudra opter pour la version UHD. Mais attention : cette montée en gamme très importante ne sera pas sans conséquences pour les performances globales de l’engin… ni pour votre portefeuille.

Son : une expérience hétérogène

Au niveau de l’audio, ce modèle nous propose une expérience très hétérogène. Notre premier contact avec les haut-parleurs du x17 R2 n’a d’ailleurs pas été des plus chaleureux. À un volume pourtant raisonnable de 60%, la moindre notification de Windows 11 génère une résonance très désagréable. On se retrouve alors avec des vibrations parasites qui parcourent tout le châssis et dénaturent considérablement le son. Et ce n’était pas un incident de parcours isolé. L’engin semble tout simplement allergique à certains timbres particuliers.

Heureusement, après plusieurs heures d’utilisation ce cas de figure s’est avéré assez marginal. Dans l’ensemble, le paysage audio est très correct, du moins pour ce qui relève de l’aspect fonctionnel. La spatialisation fonctionne plutôt bien malgré le positionnement des drivers sous l’engin, et permet de lire relativement bien les situations de jeu à l’oreille.

Par contre, nous n’avons pas été particulièrement été impressionnés par le rendu de toutes les bandes originales épiques d’Elden Ring ou God of War. Dans l’ensemble, le rendu était très hétérogène. Il s’est montré très bon, voire même excellent dans certains cas, comme sur l’écran d’introduction d’Elden Ring. Une sacrée claque !

Mais les bruits de certains monstres et certains morceaux qui flirtent avec ces fameuses fréquences maudites nous ont vite fait déchanter. Pour ce qui est de la musique, à fortiori hors des jeux, nous sommes donc repassés au casque bien plus rapidement qu’avec le Zephyrus G14, par exemple.

En résumé, l’attirail audio du x17 R2 est correct et plutôt bien calibré pour les jeux, mais pas suffisant pour faire honneur à des vraies compositions. Même si, soyons honnêtes, cela n’a rien d’étonnant pour un modèle portable.

Clavier : une excellente membrane et même une option mécanique

Dans l’ensemble, nous avons vraiment été séduits par le clavier. La course des touches est très courte, parfaitement dosée pour naviguer rapidement et en toute fluidité dans un jeu compétitif. Le retour tactile est aussi étonnamment bon, même sur la version à membrane. À noter qu’il existe une version mécanique; pour un surcoût de 100€, vous pourrez ainsi vous offrir des commutateurs Cheery MX, des valeurs sûres qui compléteront à merveille l’arsenal d’un compétiteur forcené.

Comme on pouvait s’y attendre, on trouve aussi un éclairage RGB individuel pour chaque touche. On apprécie aussi la présence d’une colonne de touches média dédiées à droite qui fonctionnent rudement bien à l’usage. Seul défaut potentiel de ce clavier : l’absence de pavé numérique. Là encore, celui-ci fait les frais du parti-pris d’Alienware. Le constructeur a préféré le faire sauter pour laisser plus de place au système de ventilation, synonyme de performances accrues.

Grâce à sa course courte, il s’avère aussi très performant et confortable pour les tâches de saisie, même sur la durée. Le pavé tactile est aussi de très bonne facture. Dans l’ensemble, il s’est montré agréable au toucher, très réactif et précis, malgré quelques swipes ratés par-ci par-là.

Refroidissement : une ventilation agressive au service des performances

Le profil de ventilation est très agressif par défaut; il se fait discret à bas régime, mais souffle fort dès que le hardware est mis sous pression. Forcément, cela se ressent à l’oreille; mais cela a le mérite de refroidir l’engin relativement vite. Nous n’avons par exemple ressenti aucune gêne au niveau des repose poignets.

Dans l’ensemble, le bruit, sans être insupportable, n’est pas confortable pour les esgourdes sur la durée. Il serait tolérable en l’absence d’un ventilateur en particulier qui émet un bruit pas particulièrement fort, mais assez strident, ce qui devient vite horripilant. Un argument supplémentaire pour chausser son casque.

Connectique : un appareil bien équipé mais déroutant

L’engin est plutôt bien pourvu en termes de connectique. Il dispose d’une paire de prises USB Type-A 3.2 Gen 1, une prise USB Type-C 3.2 Gen 1, un port Thunderbolt 4, un mini DisplayPort, une prise HDMI 2.1 pleine taille et une prise Ethernet.

En revanche, il se démarque par le positionnement de ces ports. À l’exception de la prise d’alimentation et du jack 3.5mm, tous les ports sont situés sur la façade arrière. Une disposition qui deviendra vite exaspérante si vous avez régulièrement besoin de brancher des clés USB ou autres périphériques transitoires. En revanche, il est aussi très agréable d’avoir la prise Ethernet à l’arrière, par exemple.

Jeu : une bête de course sans compromis

Venons-en au cœur du sujet, à savoir les performances en jeu. Plus que sur n’importe quelle autre machine conçue pour les joueurs, ce x17 R2 est attendu au tournant à ce niveau; il doit justifier son fameux parti-pris, et autant le dire tout de suite, ce modèle y parvient brillamment.

Sans surprise, puisque l’engin est équipé d’un processeur Intel de 12e génération (l’excellent i7-12700H dans notre cas) et d’une redoutable GeForce RTX 3080 Ti – le nec plus ultra des GPU disponibles sur un appareil portable. L’ensemble est desservi par 16, 32 ou 64 GB de DDR5 Dual Channel cadencée à 4800 MHz. Une combinaison qui devrait dévorer n’importe quel titre AAA tout cru.

Nous avons attaqué notre test avec une petite séance de Rocket League en guise. Le x17 R2 en revanche, ne l’entendait pas de cette oreille; pour lui, il ne s’agissait même pas d’un échauffement. Nous ne sommes pour ainsi dire jamais passés en dessous du cap arbitraire de 120 IPS, avec une pression quasi nulle sur le hardware et une ventilation à très bas régime. Circulez m’sieur dames, il n’y a rien à voir ici – et on n’en attendait pas moins.

Passons donc à un vrai test avec un jeu idéal pour tester les performances réelles de la bête dans un contexte compétitif: place à Counter Strike: Global Offensive. Après quelques minutes de paramétrage (et quelques incongruités au niveau de la prise en charge du format 16:10), la bête était fin prête pour montrer ce qu’elle a dans le ventre.

Et le verdict est sans appel. Même avec les paramètres graphiques les plus élevés que les joueurs compétitifs n’utilisaient de toute façon pas, l’engin file pied au plancher; il délivre systématiquement un minimum de 250 images par seconde.

Lorsqu’on passe à des préférences graphiques plus adaptées au jeu compétitif, c’est encore un autre monde puisque l’engin ne descend tout simplement plus sous la barre des 300 images par seconde. Sur la légendaire carte DE Dust 2, il passe même le plus clair de son temps entre 330 IPS et le maximum de 360 IPS autorisés par cette dalle. Et le tout avec un temps de réponse effectif de l’ordre de 1,5 ms, alors que l’engin en revendique 3 par sécurité.

Tous les ingrédients sont donc réunis pour pouvoir cliquer des têtes avec une fluidité tout simplement diabolique. Quel plaisir de pouvoir enchaîner les flicks dans ces conditions sur un engin portable ! Il n’y a pas à sourciller : les joueurs compétitifs les plus exigeants ne seront pas déçus par ce modèle.

Nous avons ensuite troqué notre AK-47 contre une épée de huit pieds de long pour aller pourfendre des géants dans l’Entreterre. L’expérience a cependant été un tantinet plus mitigée. Non pas en termes de performances, loin de là; à ce niveau, l’engin délivre une nouvelle masterclass.

Rappelons qu’Elden Ring est un titre très exigeant pour le hardware, puisqu’il est à la fois magnifique et plutôt mal optimisé sur PC. Un instrument de torture parfait pour une machine de ce type… mais le x17 R2 et sa RTX 3080 Ti ne l’entendaient pas de cette oreille. Même dans les zones les plus mal optimisées et en faisant un effort conscient pour ameuter un maximum d’ennemis tout en générant un maximum d’effets visuels, la carte graphique nous a tout simplement ri au nez.

C’est bien simple : malgré nos coups de boutoir répétés, elle n’est jamais passée au-delà des 68% de charge en Ultra. Le compteur est resté bien sagement perché au-dessus des 55 images par seconde la grande majorité du temps (rappelons que le jeu est capé à 60 IPS en l’absence de mod). Le CPU, lui, a carrément songé à prendre des vacances avec 24% de charge maximale.

Vous l’aurez compris : Alienware a refusé de faire la moindre concession sur l’aspect gaming qui constitue son coeur de métier, et le résultat est au rendez-vous. On n’en attendait pas moins avec du hardware pareil; mais diantre, il faut vraiment avoir la main très lourde pour faire transpirer cette version du x17 R2.

Création : oui, à condition d’y mettre le prix

En termes de création, ce x17 R2 s’avère aussi redoutable. Qu’il s’agisse de retouche photo, montage vidéo, de modélisation et de rendu sous Blender, de sculpture sous Zbrush, ce modèle se montre également très capable. Mention spéciale aux performances en termes de transfert de données; grâce à sa RAM DDR5 cadencée à 4800 MHz et au SSD M.2 NVMe, l’engin est incroyablement vif, avec des vitesses de transfert assez exceptionnelles pour un portable, toutes catégories confondues.

De quoi avaler de gros fichiers vidéo en un temps record, monter en toute fluidité, ou encore sculpter un modèle 3D rudimentaire sans accrocs. Mais ce modèle est vraiment axé sur le gaming.

Pour optimiser la partie création, il faudra s’offrir le processeur i9, les 64 GB de mémoire vive, le système de stockage RAID 0 et surtout l’écran UHD; une combinaison qui va assurément faire extrêmement mal au portefeuille. En effet, dans cette configuration, l’engin dépasse la barre des 5000 € ! Un tarif difficilement justifiable, indépendamment des performances de l’engin.

Malheureusement, et c’est là que le bât blesse, ce modèle gamer avec son i7 et son écran FHD fulgurant est lui aussi outrageusement cher; il est proposé à 4148 € sur le site du constructeur. Il a au moins le mérite de répondre à la perfection aux attentes de son public de prédilection, à savoir les joueurs intransigeants pour qui le prix est un facteur secondaire. Mais même dans ce contexte et en pleine pénurie de cartes graphiques, ce prix gargantuesque sera forcément rédhibitoire pour la majorité des clients potentiels.

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