Connect with us

Entertainment

Véhicules de loisir | Liberté !

Published

on


Oubliez les cabriolets, l’évasion sort de la route.

La résurgence du véhicule de loisir

Ces utilitaires de conception très différente ont un point en commun : ils valorisent la pratique des loisirs. Est-ce là l’émergence d’une nouvelle complicité entre les usagers et leur véhicule ?

Certaines marques y voient un juste retour aux sources ; d’autres, une occasion favorable de poser leurs roues hors des voies publiques.


Photo fournie par land rover

Les acheteurs de véhicules utilitaires ont réellement tendance à pratiquer des activités de plein air, le camping notamment.

Véritable couteau suisse de l’industrie automobile, les VUS et camionnettes se prêtent à bien des fantasmes. On les savait familiaux, polyvalents ou sportifs (parfois). Les voilà maintenant explorateurs. Ces aventuriers de l’ère moderne s’adaptent à tous les gabarits, à tous les segments de prix. Et à tous les terrains.

Ces modèles semblent conçus pour quadriller toutes les latitudes. Leurs aspects costauds forcent le trait : garde au sol relevée, plaques protectrices, crampons collés aux semelles et appellations évocatrices (TrailHawk, TrailSport, Raptor et autres). Quoi de mieux pour nourrir l’imaginaire de nombreux consommateurs ?

On les visualise sans peine déjouer les pièges de la Rubicon Trail dans le Nevada, tout comme en plein zénith sur le terrain de stationnement d’un centre commercial à Brossard.

Quand la pandémie s’en mêle

La pandémie a bon dos, mais elle n’a pas contribué, comme certains le prétendent, à l’essor des véhicules de loisir. Elle a seulement eu le mérite d’accélérer un mouvement que les sondeurs mesurent depuis quelques années déjà. « Le sujet est bien documenté », a indiqué David Klan, président et chef de la direction de Mazda Canada, lors du lancement médiatique du CX-50, le nouveau tout-terrain de la gamme.

Plusieurs études démontrent un engouement général croissant pour les activités de plein air. Celles menées par NCVS Maritz – et auxquelles Mazda fait notamment allusion – tendent à annoncer ce phénomène.

Au cours des quatre dernières années, les acheteurs de véhicules utilitaires pratiquent de plus en plus l’escalade, le vélo, le ski, le kayak. Sans oublier, à un degré moindre, le camping.

Une tendance observée également auprès des distributeurs spécialisés d’équipements de sport, des créateurs de mode et d’ameublement extérieur. Cela n’a naturellement pas échappé à une industrie automobile toujours soucieuse d’élargir la sphère d’influence de ses VUS et camionnettes bien-aimés.

Dédoublement de personnalité

Suggéré par les données chiffrées et les sondages, ce transfert d’usage du VUS et de la camionnette est difficile à étayer. Les problèmes d’approvisionnement de l’industrie automobile (pénurie de microprocesseurs, transport) ne permettent pas de mesurer le phénomène, y compris chez les concessionnaires. Ces derniers confirment cependant que l’ajout de déclinaisons plein air au catalogue « éblouit le reste de la gamme et fait rêver ».


Photo James lipman, fournie par ford

Les aptitudes de franchissement des véhicules utilitaires sont rarement exploitées par les propriétaires.

Ces modèles appartiennent presque tous à la catégorie des VUS. Parmi ces « durs à cuire » apparus sur le marché ou en passe de le faire, on recense les Wilderness de Subaru, TRD de Toyota ou AT4 de GMC. Et la liste est loin d’être exhaustive.

Ce nouvel appétit pour la pratique d’activités extérieures représente enfin un changement de paradigme pour l’industrie. Aujourd’hui, un véhicule automobile doit s’identifier à son propriétaire et à ses occupants. Longtemps, ce fut le contraire.

Une offre foisonnante

Les acheteurs en demandent. Les constructeurs leur en offrent. Et dans de nombreuses déclinaisons. En voici quelques-unes.

Audi Allroad


Photo fournie par audi

Audi A6 Allroad

Associée aux versions familiales des A4 et A6, l’appellation Allroad privilégie la forme au contenu. En mode « tout-terrain », l’A6 Allroad, par exemple, permet de l’élever à 184 mm du sol pour peu que la vitesse n’excède pas 35 km/h. La présence de protections additionnelles (carrosserie et organes mécaniques) rassure, mais les capacités de franchissement demeurent limitées. Des acheteurs en quête d’un véhicule confortable et dont la forme épouse la fonction prendront rendez-vous avec ces Audi, dont on ne sollicitera les aptitudes que pour se rendre aux sports d’hiver.

Ford Timberline


PHOTO FOURNIE PAR FORD

Ford Expedition Timberline

La nature du terrain dicte le choix du modèle et de la déclinaison chez Ford. Pour grimper aux arbres, le Bronco (pas le Sport) figure en tête de liste. Pour les dunes de Tadoussac ? Le Raptor. Et pour un pique-nique au bord du lac ? La déclinaison Timberline (Explorer et Expedition) suffira. Celle-ci consiste essentiellement en des pneumatiques adaptés aux terrains difficiles, une garde au sol relevée de 20 mm et un différentiel à glissement limité. À cela s’ajoutent quelques plaques protectrices et, en cas de besoin, des crochets de remorquage pour vous tirer d’une position fâcheuse.

Honda Trailsport


PHOTO CHRIS TEDESCO, FOURNIE PAR HONDA

Honda Passport Trailsport

La signature tout-terrain de Honda, Trailsport, a fait son entrée sur le Pilot et le Passport, mais d’autres véhicules de la gamme sont susceptibles de l’offrir dans un avenir rapproché. Pour l’heure, l’étiquette Trailsport se résume davantage à des ornements qu’à des transformations mécaniques. On note la présence de plaques protectrices, de pneumatiques capables de jouer dans la boue et le sable, mais la garde au sol (à l’exception du Pilot) demeure la même.

Jeep Trailhawk


PHOTO FOURNIE PAR STELLANTIS

Jeep Grand Cherokee Trailhawk

Les membres du Club 4×4 Montréal vous diront sans doute que pour crapahuter dans la forêt, rien n’égale un Wrangler (idéalement avec l’empattement standard) ou un Gladiator. Sans doute, mais les acheteurs de Renegade, Compass, Cherokee et Grand Cherokee peuvent également s’exclamer « chouette la bouette » en optant pour la livrée Trailhawk. Selon le modèle, cette déclinaison propose un carénage plus échancré pour escalader notamment les talus, un rouage à quatre roues motrices truffé de subtilités et évidemment une garde au sol rehaussée. Le tout parfumé de décalques et de pneus dont le dessin de la semelle s’apparente à celui que l’on voit sur un tracteur.

GMC AT4


PHOTO FOURNIE PAR GMC

GMC Sierra AT4X

Tout comme Chevrolet, GMC inscrit une déclinaison « hors route » au catalogue de ses nombreux modèles. Connu sous le nom d’AT4, cet ensemble n’est pas aussi extrême que ces garnitures extérieures le suggèrent, mais GMC n’a pas à rougir de la comparaison avec ses principaux rivaux dans ce domaine. L’essentiel (plaques protectrices, garde au sol surélevée, tout l’attirail, quoi !) s’y trouve. Pour s’enfoncer plus loin en forêt, GMC bonifie son offre cette année avec l’AT4X, qui comporte plusieurs avancées, dont un dispositif de verrouillage des différentiels et une boîte de transfert paramétrable. Pour l’heure, seule la camionnette Sierra y a droit.

Mercedes All-Terrain


PHOTO FOURNIE PAR DAIMLER AG-GLOBAL COMMUNICATIONS

Mercedes-Benz Class E All-Terrain

Les amateurs de hautes performances connaissent par cœur les caractéristiques de la familiale E63 AMG de Mercedes. Peu toutefois sont au fait de l’existence de la version « plein air » All-Terrain. À l’image de l’A6 Allroad d’Audi, cette Mercedes préfère affronter des terrains qui ne présentent pas trop de difficultés dans le but de préserver le confort et le dynamisme de conduite de cette élégante familiale.

Subaru Wilderness


PHOTO FOURNIE PAR SUBARU

Subaru Outback Wilderness

Avec la livrée Wilderness, Subaru pousse le bouchon un peu plus loin. Carénages retravaillés pour améliorer les capacités de franchissement, garde au sol relevée, pneus sculptés pour labourer le terrain et, bien sûr, quelques appendices, excroissances et décalques pour se détacher visuellement du reste de la gamme. Pour l’heure, ce « traitement » est appliqué aux Outback et Forester, mais la rumeur veut que d’autres produits de la marque à la constellation d’étoiles en bénéficient prochainement.

Toyota TRD


PHOTO FOURNIE PAR TOYOTA

Toyota 4Runner TRD

TRD (pour Toyota Racing Development) est au constructeur japonais ce que Mopar est à la faction américaine du groupe Stellantis. En clair, un vaste dépôt d’accessoires pour l’amateur désireux d’augmenter les performances (sur route, sur circuit ou hors piste) de certains produits Toyota. Pour braver les terrains plus difficiles, Toyota propose aux acheteurs de 4Runner, Tacoma et Tundra l’ensemble TRD Pro. Ce dernier consiste essentiellement en des éléments suspenseurs plus performants encore.

Volvo Cross Country


Photo fournie par volvo

Volvo V90 B6 AWD Cross Country

Apparu il y a bientôt 30 ans sur une familiale Volvo, l’appellation « Cross Country » figure toujours au catalogue de la marque suédoise. Cette dernière n’a jamais prétendu que cette appellation signifiait que Volvo pouvait grimper aux arbres, mais plutôt la formule idéale « pour résister aux assauts du climat sans se laisser intimider par les conditions difficiles ». Voilà une description douce à l’oreille des consommateurs nord-américains. À eux seuls, ils absorbent plus la moitié de la production de ces V60 et V90 hauts sur pattes.

Des utilitaires et camionnettes à son goût

On ne va pas tous les citer, mais il y en a beaucoup. Beaucoup trop. En concevant ces camions légers (utilitaires et camionnettes) que l’on jurerait équipés pour partir en safari, l’industrie automobile n’a pas lésiné sur les accessoires de personnalisation.


PHOTO JAMES LIPMAN, FOURNIE PAR FORD

Autres temps… Après les arbres à cames modifiés, les suspensions abaissées et les excroissances aérodynamiques, le catalogue d’accessoires des principaux constructeurs accueille des supports à vélo, à kayak et même des tentes…

Les appendices aérodynamiques et suspensions rabaissées ont vécu. Aujourd’hui, place aux élargisseurs d’ailes et autres galeries de toit pour nourrir notre appétit à l’égard des activités de plein air. Et soucieux de faire tinter son tiroir-caisse, chaque constructeur impliqué dans ce segment de véhicules passe-partout a confectionné un volumineux catalogue d’accessoires. On y retrouve aussi bien des tentes que des supports de toutes sortes, y compris un pour la GoPro…

Dévaluation

Aussi bien le reconnaître tout de suite : lors de la revente, les véhicules dotés de toutes ces options ne rendent qu’en partie la mise initiale de leur propriétaire. Mais encore faut-il savoir que celles-ci n’ont pas toutes la même valeur sur le marché de l’occasion.

Comme c’était le cas à l’époque où la haute performance était reine, les options appréciées des acquéreurs de tout-terrain ont une valeur marchande peu élevée, voire nulle, au moment de la revente !

Les éclairages d’appoint et les treuils mécaniques figurent sur cette liste. Au même titre que les bandes décoratives (le nouvel acquéreur ne partage peut-être pas vos goûts) et les embouts d’échappement chromés.

On peut toutefois espérer quelques dollars si le véhicule est doté d’une galerie de toit (kayak, planche à voile, vélo) et de divers supports et réceptacles (planche à neige et skis).

Autre conseil : privilégiez les accessoires installés en usine ou encore conçus par le constructeur. Ceux-ci coûtent plus cher, mais « s’imbriquent » mieux à l’ensemble du véhicule que ceux achetés auprès des fournisseurs indépendants (qualité des matériaux et pose).


PHOTO FOURNIE PAR NOKIAN

Les fabricants de pneumatiques proposent une gamme complète à même de satisfaire le consommateur, pour peu que celui-ci établisse bien l’utilisation qu’il compte en faire.

Pneus qui ont du mordant

Cette tendance marquée de l’industrie automobile à l’égard des véhicules tout-terrain ou de loisir trouve naturellement écho chez les fabricants de pneus, qui proposent un nombre grandissant d’« enveloppes » spécialement conçues pour les terrains difficiles. C’est pour satisfaire à cette demande croissante que plusieurs fabricants, dont Nokian, tentent une percée dans ce domaine avec des pneumatiques mieux adaptés aux attentes des différentes clientèles.

Selon Pierre Zupancic, directeur régional des ventes de Nokian pour l’est du Canada, certains de ces produits s’adressent à une clientèle très particulière. Ils entraînent certains compromis (bruit et confort) que la majorité des utilisateurs peinent à accepter. D’où l’émergence de pneus tout-terrain destinés à ces utilisateurs qui souhaitent un pneu étudié en fonction d’activités récréatives et non pour gravir l’Everest.

Outre la bande de roulement, ces pneus se démarquent par leur construction. « Chez Nokian, par exemple, on fait le pari d’une structure composée d’aramide », explique M. Zupancic. « Un composant, précise-t-il, offrant la robustesse nécessaire sur des parcours rocailleux [gare aux crevaisons] et une semelle suffisamment agressive pour se jouer des terrains ayant un coefficient d’adhérence peu élevé. »

À l’acheteur de communiquer au revendeur de pneus l’utilisation qu’il compte en faire et ses critères personnels pour s’assurer d’être bien conseillé.

Où exploiter ces prouesses ?

Ne nous racontons pas d’histoires. Ces utilitaires des champs peuvent patauger dans la gadoue, s’aventurer dans les sentiers ou traverser un gué. Hélas, la majeure partie des propriétaires n’ont jamais senti la nécessité d’utiliser leur engin pour ce qu’il est capable de faire.


PHOTO BARRY HATHAWAY, FOURNIE PAR JEEP

Pour voir la nature sous un angle différent…

Les constructeurs l’admettent. Ces Indiana Jones et Lara Croft en devenir qui (savent) manier la boîte de transfert (lorsqu’elle existe) ou apprécient de voir les jantes nickelées de leur véhicule zébrées de boue sont rares. Et alors ? Les intéressés rétorquent qu’ils ne détestent pas le second degré.

Et il y a les autres !

Ceux qui ne se satisfont pas des 61 468 km que compte le réseau routier québécois et ne se contentent jamais d’escalader des trottoirs. C’est notamment le cas du Club Jeep Montréal qui, comme son nom l’indique, est composé exclusivement de propriétaires de marque Jeep.

Pour les autres, il est possible de faire appel à la Fédération des clubs de 4×4 du Québec. Celle-ci chapeaute 25 autres clubs mandataires qui s’occupent de créer et d’entretenir des milliers de kilomètres de sentiers, certains plus exténuants que d’autres. La majorité de ces clubs accueille des véhicules utilitaires de toutes marques, et certains vont jusqu’à proposer des cours d’initiation à la conduite.



Click to comment

Leave a Reply

Your email address will not be published. Required fields are marked *